Frappe toi le coeur. Amélie Nothomb. Albin Michel. 23 Aout 2017. 180 pages.

Présentation de l’éditeur :

« Frappe-toi le coeur, c’est là qu’est le génie », Alfred de Musset.

Mon avis :

J’étais curieuse de lire ce livre, malgré le titre qui ne donnait aucun indice sur l’histoire, et l’absence de résumé.

Amélie Nothomb nous emmène dans l’histoire d’une femme qui tombe enceinte un peu trop vite, un peu trop jeune (même si c’était courant dans les années 1970) alors que le seul but de sa vie est : attirer la jalousie des autres. Elle aime être adulée, enviée, susciter le désir, voir les plis amers sur le coin des lèvres des filles qu’elle côtoie. Mais le destin en décide autrement, et c’est sa vie qui va se voir complètement chamboulée.

Même si l’héroïne principale du début, Marie, est la plus jolie fille, ça ne lui suffit pas. Même si elle épouse le meilleur parti, ça ne lui suffit pas. Et quand elle tombe enceinte, c’est tout son avenir qui est remis en question puisqu’elle n’avait pas du tout, mais pas du tout prévu ça. Elle met au monde une fille, Diane, et c’est essentiellement autour d’elle que se créera l’histoire.

Diane est une petite fille très intelligente (trop, parfois, peut-être ?), née d’une mère qui ne la regarde pas, ne l’aime pas comme un enfant doit être aimé. Elle le nourrit (sans lui jeter un regard) et le repose dans son berceau. Nous suivons donc au travers de ce récit l’évolution de cette petite fille, qui accepte les choses comme elles sont, ne sachant pas que ça peut être autrement. Puis viens la naissance d’un frère, ensuite d’une sœur et les choses changent brutalement.

J’ai bien aimé ce livre. Bien qu’il soit court et se lise en 1 heure (180 pages imprimées). L’auteur écrit toujours avec cette distance qui lui est propre, j’avais un peu peur de passer à côté de l’histoire à cause de ça, mais finalement, non, ça ne m’a pas gêné dans ce récit.

Ce livre est une longue tranche de vie d’une personne mal-aimée (classique ?). Une mère complètement différente avec ses trois enfants (classique, encore ?). Distante avec la première, « normale » (ni trop, ni trop peu) avec le deuxième, complètement gaga avec la troisième.

On sait très bien que l’éducation, l’amour d’une mère (et d’un père, mais il est plus question de la mère, ici) est la base pour un enfant. C’est à travers l’attention, la bienveillance, les gestes, les paroles de cette mère que l’enfant va se construire. S’aimer. Aimer les autres, aimer la vie. Et dans ce récit, on voit très bien les conséquences de trop d’amour ou pas assez d’amour. Même si le roman est centré sur Diane, rejetée par sa mère, Célia, l’enfant trop aimée, y trouve sa place.

Amélie Nothomb trouve les mots justes pour exprimer tout ça, sans tomber dans le pathos, sans en rajouter, juste en racontant la vie de Diane. Le désintérêt de la mère pour l’enfant vient du sentiment de jalousie qui arrive en même temps que la naissance, faisant passer la mère au second plan. Elle n’est plus la femme idolâtrée de tous.

Je mettrais un petit bémol tout de même sur la capacité de recul de l’enfant par rapport à sa propre mère, du moins pendant ses premières années. Un enfant accepte ses parents comme ils sont jusqu’à ce qu’ils se rendent compte qu’ils peuvent être autrement, mais j’ai trouvé sa façon d’appréhender les choses un peu trop adulte.

Mais en bref, un livre à lire qui m’a beaucoup plu ! Intelligent et savamment dosé.

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